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...différentes sortes d'artist's dates, à ma sauce...

Publié le par Chry

 ...suite de l'article précédent RETOUR D’EXPERIENCE SUR LE « RENDEZ VOUS AVEC L’ARTISTE EN SOI » 

 

* l’artist’s date collectif avec des connus ou inconnus qui sont aussi en artist’s date

Pour moi , c’est le moyen le plus « simple » et le plus stimulant  pour « être obligée » d’y aller en « abandonnant » homme et enfants sans culpabilité : m’ inscrire à un  atelier collectif d’arts plastiques ( qui peut être ponctuel, ou mensuel , pas forcément hebdomadaire) , une rando organisée, une soirée-fabrication de bijoux entre nanas, un cours de chinois  … la liberté de choix est grande…Il s’agit de stimuler son imagination, de découvrir de nouvelles activités, de nouveaux horizons, de prendre plaisir, d’échanger … Tous les gens qui sont là poursuivent ces mêmes objectifs.

 

...ça me plait tellement que j’essaie de susciter moi-même des ateliers « émulation » entre copines dans tous les domaines des loisirs créatifs et beaux-arts…simplement s’autoriser à faire, sortir du projet sans cesse remis au lendemain, essayer,  même si ce qu’on fait est carrément perfectible,  ce n’est pas grave, c’est même normal quand on débute une activité de ne pas savoir faire bien, l’important c’est de rentrer dans le concret, d’oser . A plusieurs c'est tout de suite plus facile, plus ludique...

 

L’ artist’s date collectif peut consister à prendre des cours techniques pour acquérir des connaissances, un savoir-faire ou plus d’aisance dans un domaine, mais si ces cours deviennent une source de stress et de remise en cause personnelle , c’est peut être normal et utile, parce que la technique est difficile ou le prof exigeant, parce qu’il nous fait progresser,  mais on sort de la notion d’artist’s date, je pense… bon, ça, on ne le sait qu’en expérimentant…

 

* le mini artist’s date quotidien.

Je crois qu’en cas de blocage créatif procrastinatoire aigu,  c’est beaucoup plus facile de s’accorder un petit temps quotidien , 5mn, 15-20 minutes par exemple ( pourquoi pas une heure, quel luxe ! ) , plutôt que deux heures hebdomadaires…c'est moins culpabilisant, moins angoissant...c’est une application de la méthode kaizen, un petit pas chaque jour …en outre, au bout de trois semaines, il paraît que ça génère l’ancrage d’une habitude, ça devient une sorte de réflexe…

 

Il ne faut pas se prendre la tête, il suffit de faire des trucs bêtes, des baby steps ! 

Jour 1 peindre une feuille d’une couleur de fond

Jour 2 faire des découpages de motifs  dans des magazines

Jour 3 coller les motifs découpés sur le fond peint

Jour 4 dessiner des traits , arabesques ou formes pour relier les motifs entre eux

Jour 5 écrire des mots en rapport avec les motifs et les dessins

 

Bon voilà on peut continuer comme ça chaque jour , ou arrêter quand on pense que c’est fini…

Si on trouve que c’est beau tant mieux , si c’est moche on cherche pourquoi et on améliore, on recommence, ou on passe à autre chose, ça n’a absolument aucune importance, le but n’est pas de faire une grande œuvre, mais simplement de s’entraîner à éprouver le besoin de chaque jour faire un petit quelque chose de créatif .

 

J’ai donné un exemple avec peinture, découpage, et écriture, car c’est mon domaine, mais ça peut être de coudre des boutons pour customiser une vieille veste, de passer 10 mn à l’animalerie regarder les poissons exotiques dans les aquariums, de faire 3 rangs de tricot , 5 mn de chant d’opérette sous la douche, 1 ligne de partition à la guitare, tester les mirabelles avec la cuisse de pintade , dormir dans l'autre sens du lit,  n’importe quoi qui nous permette de nous sentir créatif, de plus en plus productif dans nos domaines de prédilection .

 

Quand on a pris l’habitude de ce petit rendez vous quotidien, il advient inévitablement deux choses :

- on éprouve de plus en plus souvent la nécessité d’augmenter la durée du rendez vous quotidien,

- on éprouve beaucoup de mauvaise humeur si l’on est empêché un jour d’accomplir sa petite œuvre créative.

 

C’est pourquoi j’ai inventé...( enfin ...je présume que d'autres l'ont inventé avant moi, disons que je l'ai redécouvert !)

 

*  le micro artist’s date spacio-temporel…

C’est le plan de survie créative en cas de journée noire, quand on est pris à la gorge par les obligations professionnelles ou familiales, par des maux divers , les journées où L’enfer c’est les autres.

Il s’agit juste d’apprendre à mobiliser rapidement son attention sur des perceptions ou sensations surgissant à l’improviste, de se connecter rapidement avec l’artiste en soi afin de les mémoriser, les enregistrer, faire une photo, un croquis, rédiger quelques mots, ne pas laisser échapper le souvenir, l’association d’idées ou d’images incongrues…La journée n’aura pas été perdue.

 

Mon outil de prédilection ( mais il y en a des tas d’autres)  est mon appareil photo, et nombreuses sont mes photos qui ont été prises en ces occasions déprimantes ( pas toutes heureusement !!) … pour échapper à l’ennui ou à la colère j’observe autour de moi, je modifie mon regard.

...différentes sortes d'artist's dates, à ma sauce...

Là par exemple, mes gosses me pompaient le chou à un point critique...je les ai laissé à leurs disputes en apercevant ces deux volatiles perchés sur une patte au bord du lac du parc départemental de la Courneuve, et j'ai attendu deux ou trois minutes que celui de droite daigne arrêter de fourrager sous son aile pour placer sa tête et son cou en symétrie avec son copain de gauche...ça m'a calmé.... Il advient parfois que mon regard entraine celui des autres et je me retrouve avec homme et enfants me cherchant des têtes d’arbres….

Et donc, un prochain article sera consacré à l’artist’s date familial et à l’artist’ date improvisé.

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RETOUR D’EXPERIENCE SUR LE « RENDEZ VOUS AVEC L’ARTISTE EN SOI »

Publié le par Chry

 

Rappelons que le rendez-vous-avec-l'artiste-en-soi est l'un des outils essentiels préconisés par Julia Cameron pour la reconquête de sa créativité.

 

Pour Julia Cameron nous sommes tous potentiellement créatifs, quelque soit le domaine dans lequel veut s’exercer ou s’exerce cette créativité, mais bien souvent notre élan créateur a été étouffé dans l’œuf quand nous étions jeunes et malléables par des critiques blessantes parce que les produits de notre imagination n’étaient pas conformes aux normes en vigueur , ou bien les obligations de la vie, familiales, financières nous ont contraints de renoncer très vite à nos rêves… ou bien encore,  alors même que nous avons pu développer quelques talents reconnus, notre créativité s’est tarie ou stagne faute d’être régulièrement alimentée et vivifiée par de nouvelles sources.

 

Pour reconquérir notre créativité , il est primordial de retrouver l’enfant-artiste en nous et de le laisser s’amuser, jouer avec son imagination, être malhabile , gâcher , expérimenter, le soutenir, le chouchouter, lui  fournir de nouveaux matériaux , l’encourager, lui faire découvrir des horizons mystérieux….

 

C’est l’objet du rendez-vous hebdomadaire avec l’enfant-artiste-en-nous  ( artis’s date)  .

 

Il s’agit de prévoir à l’avance deux heures dans son agenda, tel jour, telle heure, à tel endroit, durant lesquelles nous passerons un bon moment seul ( sans conjoint, sans enfant, sans ami, sans famille…) avec l’enfant-artiste-en-nous.

 

Comme nous sommes tous différents et que les possibilités créatives sont infinies, il n’y a pas de liste exhaustive d’activités qui correspondent à des rendez-vous avec l’artiste et d’autres qui n’en soient pas . Ce qui est un rendez vous exaltant pour l’un pourra être très barbant pour l’autre.

 

Seuls en étroite relation attentive avec notre  enfant-artiste-en nous, il est important néanmoins que nous ayons une activité distrayante ( qui nous change de ce qu’on fait/voit/entend habituellement), ludique, une activité qui peut être futile, une activité qui nous parle de vieilles envies enfouies et secrêtes, une activité qui nous fasse du bien, qui nous fasse tirer des plans sur la comète, qui nous dévoile d’autres mondes…

 

Cela peut consister à faire des choses toutes bêtes que l’on n’a jamais fait, ou  pas souvent, ou que l’on ne fait plus depuis longtemps, ou bien faire et faire encore une chose qui nous procure des plaisirs sans cesse renouvelés :faire brûler de l’encens et fleurir sa maison,  aller s’acheter des lingeries fines et folles,  ou des cosmétiques ou des tubes de gouache , aller observer les oiseaux sauvages au bord de l’étang à l’aube, aller à une foire aux cucurbitacées, traîner aux Puces et chercher l’objet insolite  de rêve,  lire un roman de gare, ou un recueil de poèmes, ou des magazines people, ou un manuel de plomberie, aller au cinéma voir un film qu’on a vraiment envie de voir ( pas le film issu du compromis avec conjoint et enfants), prendre le temps d’écouter entièrement un album, un concerto, marcher sur la plage ….des activités que l’on trouve puérile comme faire du modelage de pâte à sel,  des décalcomanies, un château de sable, une cabane… peindre, jouer d’un instrument de musique…

 

L’important est d’être conscient, attentif à ses sensations et perceptions pendant ce temps consacré à soi, laisser l'esprit vagabonder, associer librement des idées disparates.

 

On peut tenir un carnet de ses artist's dates, en notant ce qu'on a fait , ce qu'on a éprouvé...

 

…ça parait facile, mais en fait cela ne l’est pas du tout.

 

… comme par hasard le jour fixé pour notre rendez-vous, on a toujours une obligation professionnelle imprévue urgentissime  ou un copain désoeuvré ou en détresse qui appelle ou un enfant malade à soigner, ou la grippe ou une entorse, ou une irrépréssible envie de dormir …des prétextes imparables pour justifier l’abandon de notre rendez-vous avec notre enfant-artiste-en-nous….

 

car  il est surtout difficile de se débarrasser des autres …de leur présence physique mais aussi de ce qu’on imagine qu’ils pourraient penser s’ils savaient ce qu’on fait au lieu de faire ce qu’ils voudraient qu’on fasse, ou même de ce qu’ils pourraient penser de ce dont on rêve, et puis de ce qu’ils penseront et diront s’ils apprennent ce qu’on a eu l’audace de faire…difficile de s’en débarrasser dès lors qu’on a intégré ce que les autres pensent ou sont supposés penser comme étant notre propre pensée….mais c’est alors le Censeur qui parle ou agit en nous…. se débarrasser de la culpabilité ou de la peur de « s’amuser » pendant que les autres travaillent…de s’échapper alors qu’ils nous réclament, de se distraire alors qu’on a tant de choses sérieuses en retard à faire…

 

ça peut donner des palpitations et des sensations d’avoir un rendez-vous clandestin totalement immoral et honteux….c’est une cause importante de blocages artistiques…

 

Il peut être quasi impossible quand on a  un conjoint et/ou de jeunes enfants et si de surcroît on a une activité professionnelle à temps plein, de prendre un rendez-vous de deux heures ( !)  seul avec son artiste-en-soi le soir ou le week-end …pour que ce soit possible, je pense qu’ il faut nourrir  un projet déjà très affirmé  et se livrer à des activités spécifiques dont on est sûr qu’elles n’intéressent aucun autre membre de la famille…ou s’engager financièrement à l’avance, avoir déjà payé un cours, un stage, une scéance …. ou bien trouver d’autres solutions….

 

Ces dernières années, confrontée au problème du non-respect régulier des rendez-vous que je m’étais laborieusement fixés, ou à leur réalisation dans des conditions non orthodoxes ou insatisfaisantes,  je ne me suis pas laissée abattre et j’ai trouvé un certain nombre de pis-aller. Plutôt que de me lamenter et dire que je ne réussis pas à respecter mes artist’s dates, j’ai en fait  créé différentes catégories d’artist’s dates :

- l’artist’s date familial

- l’artist’s date  à l’improviste requalifié comme tel a postériori

- le micro artist’s date spacio-temporel .

- l’artist’s date collectif avec des connus ou inconnus qui sont aussi en artis’s date

- le mini artist’s date quotidien.

 

…étant précisé que je cumule parfois plusieurs catégories entre elles.

 

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