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LE RENDEZ VOUS AVEC L’ARTISTE EN SOI ( ARTIST’S DATE )

Publié le par Chry

Le 2ème outil de base de (re)conquête de sa créativité préconisé par Julia Cameron est le rendez-vous avec l’artiste en soi.

Je résume :

Prendre un rendez-vous c'est-à-dire noter dans son agenda d’être présent au lieu dit et à l’heure précise et d’y être effectivement ponctuellement.

Venir seul à ce rendez-vous avec notre artiste-en nous, et n’être accompagné de personne d’autre, ni ami, ni conjoint, ni enfant…( je rédigerai prochainement un petit article sur ce point qui n’est pas pour moi toujours évident )

Nous avons rendez vous avec l’enfant-artiste en nous qui a besoin d’être choyé, encouragé, nourri. Il s’agit de lui consacrer une plage hebdomadaire de temps ( une bonne tranche de 2heures ) à prendre du bon temps comme on le ferait avec un enfant ; il s’agit d’un moment de récréation, de distraction pour nourrir sa conscience créative .

Si on pense que cela est stupide ou que l’on ne pourra jamais se permettre de passer ce temps, il faut considérer cela comme une résistance ( à la reconquête de sa créativité) .

Il y a aussi des risques qu’on oublie ce rendez vous : il faut en déduire que nous avons peur de l’intimité, de notre propre intimité avec notre artiste-en-nous, de ce qu’a à nous dire l’enfant-artiste trop souvent délaissé et pleins de reproches envers nous.

De même l’objection « je n’ai pas assez d’argent » est une mauvaise excuse car personne n’a jamais prétendu que le rendez vous avec l’artiste devait être onéreux : c’est le temps que l’on s’accorde( que l’on accorde à notre enfant-artiste en nous ) qui est précieux, pas l’argent dépensé.

Une longue promenade en forêt, musarder dans un quartier de la ville différent de celui qu’on fréquente habituellement et observer des détails d’architecture des immeubles, rentrer dans une vieille église pour écouter l’organiste répéter des fugues de Bach, prendre un bain parfumé avec des bougies en écoutant de la musique sont autant de rendez-vous d’artiste gratuit.

Mais surtout il faut écouter ce que l’enfant-artiste en nous a à nous dire sur ce qu’on lui propose de faire : tenir compte par exemple de sa résistance si on s’obstine à vouloir l’emmener à une conférence que l’on pense édifiantes culturellement mais qu’il trouve tellement barbante en réalité …

Le rendez vous doit être ludique, distrayant ; jouer avec son imagination est au centre de tout bon travail et n’est ce pas l’objectif que d’augmenter nos capacités à fournir un bon travail créatif ?

Avec les pages du matin, nous extériorisons nos besoins, nos désirs, nos préoccupations. Avec le rendez vous avec l’artiste nous nous remplissons d’images pour pouvoir aller puiser l’inspiration créatrice.

Julia Cameron utilise une image : il s’agit de remplir le puits, de peupler la mare.

LE RENDEZ VOUS AVEC L’ARTISTE EN SOI ( ARTIST’S DATE )

Pour créer nous utilisons les ressources de notre puits intérieur qui ressemble à une mare poissonneuse pleine d’espèces de poissons différentes.

Nous devons être conscient de l’importance d’alimenter et entretenir cet écosystème et sa reproduction. Si nous ne sommes pas vigilant, notre puits va se dépeupler, stagner, s’obstruer…

Surexploiter le puits, trop pêcher dans la mare diminue nos ressources, notre travail se dessèche, se tarit.

En tant qu’artiste ou tout simplement pour avoir des idées novatrices, nous devons approvisionner consciencieusement nos ressources créatives au fur et à mesure que nous les exploitons. Nous devons rechercher des images, l’art naît de l’attention aux détails, à la singularité.

Les rendez vous d’artistes remplissent le puits d’images. Il ne faut pas considérer ce remplissage comme un devoir, un apprentissage cohercitif . Il faut juste être animé de curiosité pour les choses mystérieuses ou inconnues qui peuvent se présenter, ou être simplement curieux d’explorer ses sensations en faisant des choses qu’on n’a pas l’habitude de faire, même si elles peuvent être banales comme de faire une soupe ou un gâteau soi même, de faire brûler de l’encens, de danser tout seul 10 mn sur une musique des tambours du bronx…

J’ai compris aussi que si nous avons déjà des activités ou une profession artistiques, le rendez-vous avec l’artiste-en-soi ne devait pas être du temps consacré à la pratique de notre art , mais au contraire quelque chose qui nous en distrait, quelque chose de différent de nos habitudes, qui alimente notre puits d’images différentes….

Par ailleurs JC rappelle que des activités régulières et répétitives, apparemment sans intérêt peuvent déconnecter le cerveau logique et mettre en marche le cerveau artiste …des idées/images créatives peuvent surgir sous la douche, en nageant, en conduisant une voiture, en tricotant…

Voilà donc en résumé ce que nous enseigne JC. A nous de nous fixer nos prochains rendez-vous d’artiste , d’en tenir le compte-rendu, c’était quoi, c’était où , c’était comment …( et si on l’a loupé, pourquoi , comment…)

Voici une liste d’activités agréables: toutes ne sont pas forcément des rv avec l’artiste en soi pour tout le monde mais beaucoup peuvent donner des idées d’exploration : http://www.psychologue.levillage.org/plaisirs.html  

 LIRE aussi le RETOUR D'EXPERIENCE SUR LE RV AVEC L'ARTISTE EN SOI

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LES PAGES DU MATIN

Publié le par Chry

Le premier et principal outil de (re)conquête de notre créativité préconisé par Julia Cameron dans son livre Libérez votre créativité sont les pages du matin ( morning pages ) .

 

Voici le résumé de ce que sont les pages du matin :

 

Il s’agit d’écrire ponctuellement chaque matin même ( et surtout )  si on n’en a pas envie trois pages manuscrites  (format A4 ce qui fait une feuille et demi, ou si on utilise un petit cahier, 3 feuilles recto verso )  ou au cours desquelles nous devons donner libre cours à nos pensées : «  oh la la encore un matin ! mais je n’ai rien à écrire…j’ai encore la vaisselle à faire …est ce qu’il a plu cette nuit ? …blablabla… ».

Il faut écrire tout ce qui nous passe par la tête. Rien n’est trop stupide, trop insignifiant, trop étrange pour être exclu. et si on ne sait pas quoi écrire, on écrit : « je ne sais pas quoi écrire, je ne sais pas quoi écrire… » ou n’importe quoi jusqu’à ce qu’on ait noirci trois pages.

Ce qu’on écrit n’est pas de l’art, ni même de l’écriture, l’orthographe, la grammaire, le style n’ont rien à y voir.

Les pages du matin n’ont pas à paraître intelligentes ; la plupart du temps elles ne le seront pas et personne n’en saura rien sauf nous-même car absolument personne n’est autorisé à les lire. Et même nous, nous ne devons pas les relire avant huit semaines environ.

Même si  parfois les pages du matin peuvent receler des choses très belles et pertinentes, la plupart du temps elles ne seront que pensées négatives et fragmentées. Souvent elles ne livrent qu’apitoiement sur soi-même, enfantillages….elles sont souvent répétitives de jours en jours … elles expriment de la colère, des velléités, des rancoeurs…elles peuvent paraître bêtes…

Bon…c’est très bien.

Parce que tous ces propos notés les matin dans les pages, qui expriment des gémissements, des émotions perturbantes, ou des choses insignifiantes et banales, toutes ces choses s’érigent entre nous et notre créativité. Toutes ces choses encombrent notre inconscient ( et souvent aussi notre conscient !)  et nous gâchent nos journées. Nous lavons notre cerveau de toutes ces choses en les couchant sur la page.  C’est déjà un premier point.

Mais les pages ont une deuxième vertu , si on les fait le plus tôt possible, dès le saut du lit préconise JC : nous permettre d’échapper à notre Censeur intérieur !

En tant qu’artistes bloqués nous avons tendance à  nous critiquer sans merci.

Même si nous paraissons aux yeux des autres fonctionner comme des artistes, nous avons le sentiment que nous n’en faisons jamais assez et que ce que nous faisons n’est jamais assez bien. Nous sommes victimes de notre propre critique, perfectionniste intériorisé, le vilain Censeur qui profère sans arrêt des remarques destructrices , bien souvent déguisées en vérité.

Puisqu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon d’écrire les pages du matin, et parce que plus tôt on les fait, moins le Censeur est réveillé,  l’opinion du Censeur sur le principe et le contenu de ces pages n’a aucune importance même s’il en émet une, forcément négative, et il le fera assurément. Il suffit d’écrire.

 Le but est de cesser de considérer le Censeur comme la voix de la raison et d’apprendre à le concevoir comme un dispositif de blocage, ce qu’il est.

Les pages du matin vont nous apprendre que notre humeur n’a pas vraiment d’importance ; que certaines de nos œuvres, parmi les plus créatives sont réalisées les jours où on avait l’impression que tout ce qu’on faisait ne valait absolument rien. Les pages du matin nous apprennent d’arrêter de juger et d’écrire  ( «  tais- toi et écris ! »)

JC explique que faire les pages du matin lui permet d’aller de l’autre côté ( to get to the other side ) ; de l’autre côté de nos peurs, de notre négativisme, de nos humeurs.

Surtout,  au-delà de notre Censeur, à l’abri de ses critiques incessantes, là où on peut entendre la petite voix de notre Créateur intérieur qui est aussi la nôtre.

Le Censeur c’est notre cerveau logique, linéaire ; il perçoit le monde selon des principes, des catégories connus. Le cerveau logique était et est toujours notre cerveau de survie. Tout ce qui est inconnu est perçu comme inadéquat et potentiellement dangereux.

Face à une peinture abstraite aux couleurs étranges il dit : « qu’est ce que ça peut bien être ? ce n’est pas comme il faut ! »

Notre cerveau artiste en revanche est notre enfant intérieur, notre inventeur…il est libre, procède par association, il établit des liens nouveaux,  relie des images disparates pour créer du sens…

Il se trouve que les pages du matin apprennent au cerveau logique à se tenir à l’écart et à laisser jouer le cerveau artiste.

Pour le Censeur, toute pensée originale peut être un vrai danger. Il aime ce qu’il connaît, ce qui le sécurise. Il juge toute originalité fausse/dangereuse/mauvaise.

Les pages du matin entraînent à ne plus entendre les critiques, les moqueries, les menaces du Censeur.

Enfin JC nous explique que les pages du matin sont une forme de méditation . A force de les faire chaque matin on atteint une forme de vision intérieur, une forme de sagesse.

Voilà donc en résumé ce que sont les pages du matin selon Julia Cameron.

 

Cela fait des mois que je les pratique par intermittence, et j’avoue je confesse que j’en ai maintenant besoin…si pendant plusieurs jours, mon emploi du temps ne me permet pas de les faire, j’éprouve un réel manque, comme si mon cerveau était encombré, comme si je n’avais pas descendu les poubelles depuis plusieurs jours…

 

Et de la même façon que le contenu de nos poubelles est sûrement très édifiant sur notre mode de vie, les pages du matin  à la longue nous révèlent beaucoup sur nous même … à force de radoter les mêmes choses idiotes quotidiennement ( parce qu’il ne faut pas se leurrer, on radote énormément ! enfin je sais pas vous, mais moi je radote !  ) , on devient moins dur, moins psycho-rigide envers soi même et envers les autres, et c’est là que  les idées neuves surgissent ….

 

 

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