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The artist's way Semaine 3 Retrouver un sentiment de puissance

Publié le par Chry

Ceci est un résumé personnel des chapitres de l'ouvrage de Julia Cameron " Libérez votre créativité "  (Ed°Dangles)  afin de partager ces pistes de réfléxions, les expériences proposées....

 

Cette semaine serait celle de poussées inhabituelles d’énergie et de colère aigüe, de bouffées de joie ou de souffrance puisque nous entrons en possession de notre puissance, nos limites antérieures prétendument maîtrisées étant ébranlées. Il faut ouvrir consciemment son esprit à la spiritualité et aux évènements .

 

1. La colère

 

Lorsque nous somme en colère nous avons envie de frapper, de casser, d’asséner piques et coups, mais nous sommes des gens respectables et nous préférons rentrer cette colère, l’enfouir, la cacher, mentir à son sujet, la nuancer, l’ignorer…pourtant la colère doit être écoutée ; elle pointe nos limites et désigne la direction à prendre . Nous devons agir à partir de cette colère ressentie en se servant d’elle comme combustible pour aller où elle nous indique.

 

Etre en colère parce qu’une de nos connaissances a exploité une de nos idées émise il y 3 ans en écrivant le scénario qu’on n’a pas écrit, pointe notre procrastination et nous indique qu’il est temps de se mettre à écrire.

 

Etre en colère parce qu’on n’est pas content de son travail, pointe nos insuffisances et nous indique qu’il y a des apprentissages indispensables par lesquels on devait et doit passer.

 

Notre colère nous indique que nous ne pouvons plus nous en tirer à aussi bon compte avec notre ancienne vie et que nous devons nous créer une nouvelle vie. Renaître fait mal et la souffrance nous met en colère. Mais la colère est une ressource, contrairement à la paresse, à l’apathie et au désespoir. La colère nous indique toujours que nous avons été trahi ( par un autre ou par nous même) et qu’il est temps d’agir dans notre intérêt ; la colère est une invitation à l’action.
 

 Ici j’ai envie d’insérer un des extraits d'un texte très beau qui m’a été donné à lire , un jour de colère …

  

L'auteur est Thich Nhat Hanh et son livre "La sérénité de l'instant". 
 
"La colère est un sentiment désagréable. On peut la comparer à une flamme ardente consumant notre maîtrise de nous-mêmes et nous forçant à dire ou faire des choses que nous regretterons par la suite. Lorsque quelqu'un est en colère, nous pouvons clairement voir qu'il séjourne en enfer. La colère et la haine sont la substance de l'enfer. L'absence de colère est le fondement du vrai bonheur, de l'amour et de la compassion.
 
Lorsque notre colère est placée sous les feux de la vigilance, elle perd aussitôt en partie sa nature destructrice. Nous pouvons dire à nous-mêmes : "Inspirant, je sais que la colère est en moi. Expirant, je sais être un avec ma colère." Si nous sommes très attentifs à notre respiration au moment où nous identifions et observons avec vigilance notre colère, il lui est impossible de continuer à monopoliser notre conscience.
 
(...)
 
Etant en colère, nous ne sommes habituellement pas très enclins à revenir à nous-mêmes. Nous tenons à penser à la personne qui nous à mis en colère, à ses côtés haïssables - sa brusquerie, sa malhonnêteré, sa cruauté, sa fourberie, etc. Plus nous pensons à elle, l'écoutons, la regardons, et plus notre colère s'enflamme. Sa malhonnêteté et ses côtés haïssables peuvent être réels, imaginaires ou exagérés, peu importe, la racine du problème est la colère elle-même, de sorte qu'il faut faire une volte-face et regarder avant tout à l'intérieur de nous. Le mieux est de ne pas écouter ou regarder la personne que nous considérons être cause de notre colère. A la manière d'un pompier, nous devons répandre de l'eau sur le brasier, non pas perdre du temps à rechercher l'incendiaire. "Inspirant, je sais être en colère. Expirant, je sais devoir employer toute mon énergie pour prendre soin de ma colère". Nous évitons ainsi de penser à la personne, et nous abstenons de faire ou de dire quoi que ce soit aussi longtemps que durera notre colère. Si nous employons toute notre énergie à observer celle-ci, nous ne causons aucun préjudice que nous pourrions regretter plus tard.
 
Etant en colère, notre vrai moi est la colère. L'étouffer ou la chasser revient à réprimer ou chasser notre moi. Etant joyeux, nous sommes la joie. Etant en colère, nous sommes la colère. Lorsqu'elle naît en nous, nous pouvons prendre conscience qu'elle est une énergie et l'accepter pour la transformer en une énergie autre. Lorsque le bac à compost est rempli de matière organique en décomposition et qui sent mauvais, nous savons que les déchets peuvent se transformer en magnifiques fleurs. A première vue, nous pourrions considérer le compost et les fleurs aux antipodes, mais regardant profondément, nous nous apercevons que les fleurs existent déjà dans le compost, et inversement. Au bout de quelques semaines de vie, une fleur se décompose déjà. Un bon jardinier qui regarde dans son bac à compost voit cela sans pour autant en être affligé ou dégouté. Au contraire, il connaît la valeur de la matière en décomposition et n'a rien à objecter. Quelques mois suffisent au compost pour épanouir des fleurs. Devant notre colère, il nous faut recourir à cette perspicacité et cette vision non dualiste du jardinier. Il n'y a pas lieu d'en avoir peur, ni de la rejeter. Nous savons qu'elle est comparable à du compost, qu'il est en notre pouvoir de donner naissance à quelque chose de très beau. Nous avons besoin de notre colère, comme le jardinier a besoin de compost. Savoir l'accepter, c'est déjà avoir une certaine mesure de paix et de joie. Petit à petit, nous pouvons transformer complètement notre colère en paix, amour et compréhension." 
 

2. la synchronie ( ou synchronicité ? )

 

Ici Julia Cameron disserte sur les implications morales de croire ou ne pas croire en l’existence de Dieu et j’avoue ne pas saisir toute les subtilités de son raisonnement. Cependant , partons comme elle du principe que « Dieu » existe ; s’appuyer sur cette force a de l’importance.

 

Il est plus facile de considérer les évènements qui arrivent de façon surprenantes et fortuites, sans relation de cause à effet avec notre activité mais auquels on rêvait, comme des coïncidences que comme une action divine. Nous nommons les prières exaucées « coïncidences » ou « chance » car les prières exaucées font peur; en effet, nous en devenons responsables et nous sentons pris par une obligation de reconnaissance .

 

Jung a travaillé sur ces coïncidences et a mis en avant le phénomène de synchronicité qui part du principe qu’existerait un univers intelligent et sensible agissant en interaction avec nos intérêts . Julia Cameron part de la véracité de ce postulat et son expérience lui a enseigné que l’univers prend part aux projets « chaleureux et festifs » (sic) ( le contenu du projet venant avant la manière de le réaliser) et qu’il ne faut pas négliger ses interventions ; or en général l’univers est prodigue en son soutien tandis que nous sommes avares en ce que nous acceptons de lui.

 

Car certes nous avons peur de l’échec mais ce qui est le plus effrayant c’est la possibilité du succès.

Cameron cite Goethe : « Avant de s’engager, il y a l’hésitation, la possibilité de faire marche arrière, et toujours l’inefficacité. Pour tout acte d’initiative ( ou de création) , les idées innombrables et les plans splendides s’y rapportant sont étouffés par l’ignorance d’une vérité élémentaire : que le moment où quelqu’un s’engage, alors la Providence bouge aussi. Alors, toutes sortes d’évènements se produisent pour venir en aide à ceux qui ont pris cet engagement, sans lequel rien ne se serait passé. Cette décision déclenche toute une suite d’évènements, d’incidents, de rencontres et d’assistance matérielle favorables à la personne concernée, auxquels personne n’aurait cru si elle n’avait pas emprunté cette voie. Ce à quoi vous pensez, vous pouvez le faire, ce que vous croyez, vous pouvez le faire, donc commencez. L’action renferme une magie, une grâce et une puissance.»

 

La synchronicité est un concept étrange ; ça paraît irrationnel mais ce n’est pas une croyance car en fait ça s’expérimente effectivement très rapidement dès qu’on commence à se bouger pour mettre en œuvre une idée, un projet.

The artist's way Semaine 3 Retrouver un sentiment de puissance

3. La honte

 

Cameron dit : « la honte est un moyen de contrôle.

Faire honte à quelqu’un, c’est essayer de l’empêcher de se conduire d’une manière qui nous embarrasse. » Je trouve cette définition d’une très grande pertinence …

Or une œuvre d’art, une initiative novatrice embarrasse parfois car l’œuvre d’art révèle , met en lumière, expose des choses qui embarrassent … « Comment oses-tu ? » , « Que vont penser les voisins ? »

Très souvent les mauvaises critiques sont à l’origine de la honte pour les artistes : «Comment osez-vous exposer ( nous donner à voir ou à entendre ) quelque chose d’aussi mauvais ? » Si on a fait ressentir de la honte à l’enfant-artiste ( « comment peux tu avoir la prétention d’imaginer avoir du talent ? » , « comment peux tu dessiner de telles horreurs ?» , il y a de forts risques qu’il devienne un artiste bloqué incapable de finir une œuvre commencée, qui mystérieusement perd tout intérêt avant d’être achevée ; il s’agit là d’un déni de la douleur, un évitement de la vulnérabilité.

Un jeune artiste est toujours en quête d’approbation et de reconnaissance, c’est pourquoi l’indifférence ou l’hostilité des proches dont il attend le soutien est souvent à l’origine de la honte d’être créateur . Cette honte demeure une entrave quand le jeune est devenu adulte car notre artiste intérieur est toujours l’enfant créateur. La critique redoutée n’est pas n’importe quelle critique ; en effet l’artiste est tout à fait capable d’accueillir les critiques constructives qui le font progresser ; la critique redoutée c’est « comment peux tu ? » , «Comment oses-tu ? », c’est une critique impossible à réfuter. C’est une humiliation.

 

L’artiste doit apprendre à connaître le moment adéquat pour solliciter une critique et savoir de qui elle peut émaner pour être reçue de façon constructive ; il ne convient pas de montrer une première esquisse à quelqu’un qui ne pose pas un regard bienveillant, emprunt de discernement. Ensuite, il est inévitable que l’on ne puisse contrôler toutes les critiques reçues, ni les rendre plus saines, plus constructives si elles ne le sont pas. En revanche nous pouvons apprendre à nous réconforter, à rechercher des amis bienveillants, nous devons désamorcer les humiliations, notamment grâce aux pages du matin . Nous devons apprendre que notre art révèle des secrets de l’âme humaine et que cette libération n’est pas toujours bien acceptée. A ceux qui voudront faire honte, il faut opposer une détermination sans faille ; pas le moindre doute n’est permis car ce serait l’engrenage.

 

 

4. Négocier avec les critiques

 

Il faut être capable de faire la différence et le tri entre les critiques utiles et les autres. Les critiques positives, bien à propos, procurent souvent à l’artiste un sentiment intérieur de soulagement , elles permettent d’évoluer en comprenant ce qui n’allait pas dans son travail.

 

En revanche, les critiques négatives nous accablent ; elles ont un effet paralysant sur la créativité car elles contiennent du mépris, de l’égoïsme, leur contenu est ambigu, leurs condamnations personnelles, globalisantes, irresponsables. La maltraitance de l’enfant artiste engendre la rébellion à l’origine des blocages de la créativité.

 

On peut traiter les critiques ainsi :

1 recevoir la critique dans sa totalité et la dépasser.

 

2 prendre des notes sur les concepts ou paroles qui nous ennuient, ;

 

3 prendre des notes sur les concepts ou paroles qui nous semblent utiles ;

 

4 se materner : relire une bonne critique positive ancienne ou se remémorer un compliment.

 

5 avoir présent à l’esprit que même si vous avez créé une œuvre d’art vraiment mauvaise, cela peut être le tremplin nécessaire à votre prochain travail ; l’art mûrit de façon spasmodique et nécessite des étapes de croissance identiques à celles du vilain petit canard.

 

6. regarder à nouveau la critique ; est ce qu’elle vous rappelle une critique particulière de votre passé ? notamment des critiques humiliantes de votre enfance ? admettez que la critique actuelle déclenche la souffrance d’une blessure déjà ancienne .

 

7 écrire une lettre au critique, à ne pas envoyer probablement ; défendez votre travail et reconnaissez ce qui était peut être utile dans la critique faite.

 

8. remettez vous au travail et engagez vous immédiatement dans la réalisation de quelque chose de créatif.

 

9 just do it . la créativité est le seul remède contre les critiques.

 

 

5… Détective

 

Julia Cameron propose ici un travail de détective pour restaurer les parties de nous-mêmes que nous avons abandonnées au profit de notre entourage, en mettant notre énergie créatrice au profit d’autrui…il s’agit de compléter des propositions relatives à nos souvenirs d’enfance, goûts secrets, budgets confisqués, aspirations profondes….

 

 

6. Grandir

 

On ne reconquiert pas sa créativité en progressant de façon linéaire. Un jour on progresse, le lendemain on régresse. On grandit par poussées , et il y a des phases de repos, d’apathie. Dans ces moments là, les pages du matin seront parfaitement ennuyeuses mais elles nous permettent de nous reposer dessus ; elles contribuent avec l’accomplissement quotidien d’une petite chose agréable à nous rendre la vie plus légère.

 

Il faut aussi apprendre à prendre soin de nous : ôter du frigo le périmé et les cochonneries,et aller au marché acheter des légumes frais…. vérifier le tiroir à chaussettes : jeter les trouées, les dépareillées, les has been…

 

Avant quand on disait « aide toi le Ciel t’aidera » cela signifiait « le Ciel vient en aide uniquement à ceux qui le méritent » ..maintenant c’est prendre conscience de tous les petits cadeaux qui nous échoient dès lors qu’on commence à s’aimer un peu plus…soyons attentif à tous les soutiens, les encouragements provenant de sources inattendues : entrées gratuites, invitation, don…. Pour grandir, faire aussi l’expérience de la solitude, accordez vous des moments de tranquillité pour vous questionner sur ce que vous ressentez à l’instant ; écoutez la réponse et encouragez vous…Choyez vous…

The artist's way Semaine 3 Retrouver un sentiment de puissance

7. Exercices de la semaine 3

 

1. Décrivez la pièce que vous occupiez enfant, en mots ou en croquis ; quel était votre objet préféré ? quel objet préférez-vous dans votre pièce actuellement ? rien ? alors, procurez vous un objet que vous voudriez avoir dans cette pièce, peut être quelque chose qui était dans la chambre de votre enfance ?

 

2. Décrivez 5 traits ( je suppose qu’il s’agit de traits de caractère ) que vous aimiez chez vous lorsque vous étiez enfant.

 

3. Citez 5 réalisations dans votre vie d’enfant ( exemples : dissertation de terminale, dresser un chien, mettre en portefeuille le lit du prêtre, éjecter une grosse brute de la salle de classe …) Citez 5 plats favoris de votre enfance et achetez vous en un cette semaine même si c’est de la gelée à la banane ( on peut se le faire soi-même aussi je pense ! …)

 

4. Examinez vos habitudes. Beaucoup interfèrent avec l’objectif de choyer l’artiste-en-soi et peuvent susciter de la honte, parce que c’est une sorte d’autodestruction. Par exemple, certaines habitudes sont évidemment préjudiciables comme fumer, trop boire, trop manger…d’autres sont plus sournoises : avez-vous l’habitude de regarder des programmes de télévision que vous n’aimez pas ? de trainer avec un ami ennuyeux tout simplement pour tuer le temps ? faites la liste de 3 habitudes néfastes ; quel bénéfice tirez-vous de la continuation de ces habitudes ? il y a de mauvaises habitudes qui sont plus subtiles : ne pas prendre le temps de faire du sport, ne pas prendre de temps pour prier, ne pas se nourrir, traîner avec des gens qui rabaissent vos rêves…) Enumérez 3 ennemis subtils ; que retirez-vous de cette forme de sabotage ; soyez précis. 5. faites une liste des amis qui vous nourrissent – nourrir et non permettre- c-à-d ceux qui vous donnent le sens de votre propre compétence et de vos propres possibilités, vous permettent de faire passer le message que, sans leur aide, vous ne parviendriez pas à communiquer. Il y a une grande différence entre être aidé et être traité comme si nous étions impuissants. Enumérez 3 amis bienveillants. Quels sont leurs traits de caractère qui vous sont utiles ?

 

6 appelez un ami qui vous considère comme une personne bonne et brillante, qui veut agir. Une partie de votre reconquête sera de vous assurer de son soutien. Ce soutien vous sera essentiel lorsque vous prendrez de nouveaux risques.

 

7. chacun de nous a une boussole interne. C’est un instinct qui nous pousse vers la santé.il nous avertit quand nous nous trouvons en zone dangereuse et nous renseigne sur ce qui est bon et sûr pour nous. Les pages du matin sont une façon d’entrer avec cette boussole, de même que peuvent l’être certaines activités du cerveau artiste : peindre, conduire, marcher , frotter, courir….cette semaine, prenez une heure pour suivre votre boussole interne en faisant une activité du cerveau artiste, et écoutez les visions intérieures qui remontent à la surface.

 

8. citez 5 personnes que vous admirez. ensuite , citez 5 personnes que vous admirez en secret. Quels sont les traits de ces personnages que vous pouvez cultiver plus profondément en vous-même ?

 

9. citez maintenant 5 personnes que vous auriez souhaité rencontrer et qui sont mortes. Ensuite citer 5 personnes qui sont mortes et avec lesquelles vous auriez aimé traîné jusqu’à l’éternité. Quels sont les traits de ces personnages que vous pouvez rechercher chez vos amis ?

 

10. Comparez les deux listes, ceux que vous aimez et admirez vraiment, ceux que vous pensez devoir aimer et admirer. Il se peut que vous vous croyiez obligé d’admirer Untel alors que votre cœur penche pour un autre moins prestigieux mais ….

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